Ô Canada – Week-end à Québec

Classé dans : Week-end | 2

 

Il est minuit passé de dix sept minutes en ce 4 août 2018 quand retenti soudainement la voie de Woody Allen dans le hall d’arrivée du UP Express à Toronto. Les décors sont posés, les figurants prêts à entrer en action, l’actrice principale, Fanny, est partagée entre un sentiment d’impatience et d’excitation.

– Moteurs, Action !

Cette première scène du film tant attendu « Quand Fanny retrouve Môman » se déroule comme dans un rêve. Nathalie, déjà oscarisée, rappelons-le, dans « La Frange rebelle », était bel et bien prête à jouer son rôle aussi spontanément que possible, enchaînant avec une dextérité remarquable, câlins et bisous à sa petite « puce ». Remy immortalise ce moment alors que Serge, au deuxième plan, se réveille à peine de sa nuit de récup’, après une soirée assez mouvementée la veille sur Erquy. Comprenant vite que la fatigue a gagné les acteurs, suite à un voyage ayant notamment été marqué par un arrêt imprévu en Islande pour « faire le plein car il y avait trop de vent de face », le réalisateur repousse la suite des évènements au lendemain.

– Héééééé Coupez !

Après s’être levés consécutivement à 5h32, 6h08, et 6h36, au grand bonheur de leurs hôtes, c’est dans un état de jetlag certain que nos visiteurs auront découvert Toronto, trois jours durant. Parmi les visites, les incontournables chutes du Niagara, Toronto Islands, la tour CN, ainsi que quelques kilomètres dans Downtown avalés à la vitesse d’un Benoît Poelvoorde dans le film les Randonneurs. Je ne m’éterniserais pas sur toutes ces choses que vous connaissez déjà de part nos précédents articles, si vous êtes des lecteurs assidus (et que vous pouvez retrouver iciou encore là !).

 

 

 

Alors que nous travaillions la semaine, Serge et Nathalie ont fait route vers le Nord-Est, et plus particulièrement vers les Mille Iles et Montréal, avant de rejoindre Québec, où nous nous étions donné rendez-vous le vendredi soir pour y passer le week-end.

Grande première pour nous puisque nous décollons vendredi soir de l’aéroport Billy Bishop, situé en centre ville de Toronto, sur les Toronto Islands ! Pour y accéder, rien de plus simple puisqu’un tunnel lie l’aéroport au centre ville. On aura le plaisir de découvrir qu’il est possible d’avoir des bouteilles d’eau et sodas, ainsi que des petits gâteaux sucrés et salés gratuitement dans la salle d’embarquement pour patienter. Notre avion n’est pas très grand, le décollage est assez impressionnant et nous permet de contempler les îles au coucher du soleil, c’est trooooop joli 😍 ! Un petit apéritif dans l’avion et nous voilà déjà à Québec 1h30 plus tard.

Après une bonne nuit dans l’appartement de ce bon vieux René, un petit déjeuner à base de gaufres/sirop d’érable/bleuets, et un petit itinéraire préparé illico presto, nous nous lançons dans la découverte de Québec.

Pour la petite parenthèse historique 🤓, sachez que Jacques Cartier, célèbre navigateur Malouin s’est lancé en 1535 dans une folle expédition ayant pour mission d’explorer les richesses que propose le fleuve Saint Laurent. Après un hiver rugueux le navigateur et les membres de son équipage encore vivants feront demi tour. Il aura fallu plusieurs dizaines d’années pour qu’un nouveau français ne décide de s’aventurer dans cet univers inconnu, en la personne de Samuel de Champlain, en 1608. C’est d’ailleurs à ce dernier que l’on doit l’émergence d’un comptoir commercial de fourrures, prémices de la ville de Québec, bien aidé par une alliance avec une tribu indienne locale. L’arrivée des colons français à la fin du 17ème siècle assiéra un peu plus la présence française sur les bords du Saint Laurent. OUI MAIS, comme d’habitude, les Anglais s’en mêlent. Après bien des épisodes dont je tairais les détails pour ne pas finir cet article dans 3 mois, retenez que la ville de Québec est désormais la capitale de la Province du Québec, qu’on y parle le français québécois (on sait donc qui a eu le dernier mot 😉), et qu’on y recense pas moins de 530 000 habitants.

 

Notre visite de la ville débute donc par l’imposant parc des Plaines d’Abraham au Sud-Est de la ville. Cet endroit a été auparavant le terrain de batailles entre Français et Anglais au 18ème siècle. Il surplombe le fleuve Saint Laurent et est très joliment fleuri. On est samedi matin et on y croise de nombreux runners, malgré l’étouffante chaleur du jour. Au bout du parc, nous joignons la Citadelle qui offre un panorama magnifique sur le fleuve d’un côté et sur la vieille ville de l’autre, en contre bas. Aux abords de la Citadelle sont apposés des canons allemands subtilisés par les canadiens lors des batailles de la Somme, qui nous rappelle rapidement un bon week-end passé en Picardie il y a un an, et qui me permet de faire un petit clin d’œil à tous mes collègues Amiénois 👋. Après quelques clichés parfois artistiques (voir ci-dessous), nous poursuivons notre balade en entamant la descente vers la vielle ville.

 

 

Après une descente de quelques dizaines de mètres, nous arrivons sur la spacieuse terrasse Dufferin composée d’un superbe plancher de bois de 400m et bordée par des gardes corps en fer forgé. D’ici, on peut contempler la vue magnifique sur le Saint Laurent, l’île d’Orléans au loin, et l’imposant château Frontenac en hauteur. Le panorama est vraiment magnifique et on se met à s’imaginer le même paysage en hiver, ça doit être assez impressionnant.

 

Nous poursuivons notre visite en passant par le Château Frontenac, la fierté de la ville, perché sur le Cap Diamant de Québec. Par curiosité (et pour profiter un peu de la clim), on s’aventure même à l’intérieur du château qui est en réalité un hôtel depuis son ouverture en 1893. L’intérieur est orné de boiseries, le bar situé au fond du couloir principal est cosy et la galerie d’art propose des tableaux et sculptures très sympas.

 

 

Après un petit passage rapide par la place d’Armes, où un artiste de rue donne un petit spectacle (spécialité québécoise), nous descendons la rue du Trésor où des peintres locaux vendent leurs œuvres un peu à l’image de certains coins de Montmartre à Paris. C’est à ce moment précis que notre gosier commence à être vivement asséché et qu’une petite bière fraîche serait vécue comme une récompense de tous nos efforts fournis depuis 3 bonnes heures en plein soleil. Oui, mais comment ne pas s’arrêter avant par la basilique Notre-Dame-de-Québec à deux pas de là ?  Qu’à cela ne tienne ! (Bim ! j’ai pris 40 ans en lâchant cette expression !). Rien de spécial à noter sur la visite de cette basilique si ce n’est qu’elle se tient à l’endroit même où fut construite la première chapelle de la ville par Samuel de Champlain.

 

Quelques minutes plus tard, nous voilà dans la basse ville où l’afflux de touristes est vraiment impressionnant. Les petites ruelles pleines de charmes sont pleines à craquer, les terrasses prises d’assaut, les glaciers font leur chiffre d’affaire de l’année, et nous, on est au milieu de tout ça sans avoir eu encore l’occasion de nous poser un peu et de nous rafraichir ! Heureusement, le pub de l’Oncle Antoine dispose encore de quelques places libres, pour notre plus grand bonheur.

 

 

Pour finir cette journée riche en découvertes, deux étapes restent au programme : le Musée de la Civilisation et le match de baseball tant attendu par Nathalie et Serge ! On peut même nous rajouter une étape, et pas des moindres : leur expliquer les règles du baseball.

 

Nous commençons donc cette seconde partie de journée avec le Musée de la Civilisation, situé dans le quartier du Vieux Port. Sur la dizaine d’expositions que propose le Musée sur la thématique générale des Sciences Humaines et Sociales du Québec, nous avons malheureusement du en sélectionner qu’une partie, par faute de temps. Nous commençons donc notre visite par l’exposition intitulée « le Temps des Québécois »qui retrace de manière chronologique les grands évènements qui ont forgés l’histoire du Québec. Cette exposition est très riche et les panneaux explicatifs plutôt bien réalisés. Si il y a bien une idée générale à ressortir de tout ça, c’est bien que les Anglais sont des emmerdeurs (mode chauvin réactivé).

La seconde expo « C’est notre histoire »sera quant à elle plus orientée vers les populations autochtones du Québec tandis que l’exposition « Sortir de sa réserve »nous présentera de nombreux objets phares de l’industrie manufacturière québécoise, ainsi que les différentes thématiques développées en terme de recherche et d’innovation sur le territoire au fil de l’histoire.

Pour vous donner un avis général sur le Musée de la Civilisation, nous vous conseillons d’y aller car vous y apprendrez de nombreuses choses et le Musée est « bien foutu ». Par contre, allez-y plutôt le matin, quand votre esprit et vos jambes sont encore frais ; la visite intégrale du Musée pouvant prendre plusieurs heures.

 

Last but not least, le match de baseball tant attendu ! Après une première expérience à Toronto, où nous avions assisté à un match assez ennuyeux, nous retentons notre chance, dans le Stade Canac contenant certes 10 fois moins de places qu’au Rogers Center de Toronto, mais où l’ambiance se révèlera être vraiment géniale et très conviviale. Après avoir récupéré nos Hot-Dogs à 1$ et nos bières, nous prenons place en tribunes, bien garnies pour ce match qui opposera les Capitales de Québec aux Miners de Sussex. Il s’agit d’un match comptant pour une ligue de baseball indépendante opposant 6 équipes du Nord-Est des Etats-Unis, du Québec et de l’Ontario, rien à voir avec la Major League of Baseball donc. Les hymnes américain et canadien sont superbement chanté par une jeune fille, les chauffeurs de stade sont en place et commencent à mettre l’ambiance : le match peut commencer. On donnera de toute notre personne pour expliquer les règles à Serge et Nathalie, et pour laisser planer le suspens, on dira que l’une de ces deux personne à plutôt bien saisi les règle et que l’autre préférait apprécier la super ambiance environnante et s’amuser des spectateurs en train de se goinfrer de tout un tas de malbouffe. Plusieurs animations à noter pendant ce match avec notamment le jeu de la pizza. Le principe est simple, des pom-pom girls montent dans les travées du stade avec des pizzas et la pizza est offerte à celui qui crie le plus fort. Entre l’hystérie de certains, les cordes vocales saillantes des autres, ou encore des tentatives originales de danse mêlées à des cris, c’était un beau bordel. Nous, on était là, pantois, au milieu de cette foule déchainée pour une pizza, c’était vraiment beaucoup de fun comme ils disent ici.

Concernant le match, il était passionnant : des home runs, des courses folles, des tacles, des défenses tactiques très bien exécutées… on en a pour notre argent ! Score final : 6-0 pour les Capitales de Québec !

Si on a un petit avis/conseil à vous donner sur le baseball si vous passez au Canada, préférez un match à Québec plutôt qu’à Toronto. Certes, les affiches et la taille du stade ne sont pas comparables, mais l’ambiance est vraiment plus sympa et bien plus conviviale sur Québec.

 

 

Pour finir la soirée, nous nous rendons au bar restaurant les Salons d’Edgar pour y goûter notre première poutine ! Le cadre est détendu dans une ambiance tamisée et calme, plutôt appréciable après un match de baseball. Pour les novices, la poutine est un plat typique québécois composé de frites, de morceaux de cheddar, le tout nappé de sauce brune (sauce à la viande). Et pour tout vous avouer, ça cale son homme !!!

 

Voici la poutine !!!

 

Après une marche de 45min pleine de rebondissements (seuls les présents savent) pour retourner à notre Airbnb, nous retrouvons nos petits lits douillets pour une bonne nuit bien méritée.

 

Notre deuxième jour démarre par de petites courses dans un supermaché local puisque nous souhaitons faire un pique-nique ce midi sous ce superbe temps. Victuailles achetées, nous nous rendons aux chutes de Montmorency, à quelques kilomètres de Québec. Pour ceux qui n’auraient pas de voitures, des navettes sont à votre disposition depuis Québec.

Une fois sur place, on découvre les fameuses chutes, qui sont certes moins impressionnantes que les chutes du Niagara au niveau de l’immensité et du débit, mais qui sont tout de même plus hautes d’une trentaine de mètres. Après un passage rafraichissant sur la plateforme située en contrebas des chutes où Serge passera certainement un des meilleurs moment du séjour, nous entamons la montée des quelques 487 marches afin de joindre la passerelle située au dessus des chutes. La vue du dessus est vraiment impressionnante, et Fanny, en grande aventurière, réussira à combattre son vertige tant bien que mal. Pour votre information, certaines activités sont proposées dans ce parc dont notamment la tyrolienne qui passe au dessus des chutes (pas comme l’arnaque des chutes du Niagara). Si vous souhaitez faire un petit tour, réservez à l’avance, il y avait environ 3h d’attente lorsque nous nous sommes renseignés.

 

 

En face des chutes de Montmorency se trouve l’Ile d’Orléans où nous décidons de nous rendre pour pique niquer. Cette île de 67km de périmètre recense de nombreux maraîchers (bleuets, fraises, vignes, cabanes à sucre, pommes et producteurs de cidre). C’est dans le village de Sainte Famille, à côté de l’église que nous trouverons notre bonheur dans un très joli parc bien entretenu qui dispose même de tables de pique nique. Un repas et une sieste plus tard, nous repartons en commençant par visiter l’église. Une bénévole très accueillante nous raconte l’histoire de la paroisse et de l’Ile d’Orléans, berceau de l’immigration française par le passé. Elle nous raconte tout un tas de choses passionnantes sur l’histoire de sa famille et d’autres familles de l’île où on recense encore quelques descendants des premiers occupants de l’île. Ah les Québécois et leur hospitalité, c’est quelque chose !!!

 

 

Nous poursuivons notre chemin en faisant un petit stop à la fameuse « Vieille Maison Fradet » de l’autre côté de l’île. Une photo suffira pour que les hôtes sortent de la maison et nous demandent ce que l’on cherche. Je leur répond fièrement que je prends la photo car j’ai le même nom de famille, mais ils n’en ont rien à faire et n’ont pas l’air ouvert à la discussion (vraiment pas représentatif des Fradet, je vous assure !). Ils nous demandent même de nous décaler car nous faisons sonner un détecteur de mouvement placé devant leur maison… Merci, au revoir !

 

Avant de quitter l’ile, nous nous rendons chez un producteur de cidre local. Nous étions prévenu que le cidre produit ici n’a strictement rien à voir avec le cidre produit en France ; le cidre québécois étant plus alcoolisé et bien moins gazeux. Bien qu’étant prévenu de ces différences, Serge, en bon breton, n’aura pas trouvé son bonheur avec les différents cidres qu’on lui propose de déguster. Il n’a que faire de nos tentatives de ralliements à la cause canadienne du type « Mais ça n’a rien à voir, c’est différent c’est tout, on ne peut pas comparer ce qui n’est pas comparable ». NON, pour lui, le meilleur cidre, c’est la Bretagne, POINT BARRE ! Parenthèse chauvine fermée, ce cidre est effectivement déroutant. Il se rapproche d’avantage du Calvados (en moins fort) que du cidre que l’on connaît, mais il se laisse boire, surtout avec le coucher de soleil et le panorama proposé sur la terrasse du Domaine Steinbach.

 

 

Il est l’heure de rentrer, et de déguster un petit Fish & Chips pour certains, une nouvelle poutine pour d’autres à la micro-brasserie « Le Projet » qui propose une bonne sélection de plats bistro et qui brasse sa propre bière. Nous rentrons nous coucher car demain matin, c’est le retour sur Toronto pour Rémy qui travaille, quand aux trois autres larrons, ils continuent leurs vacances pour quelques jours aux alentours d’Ottawa.

Pour conclure, nous avons passé de super moments à Québec, qui est une ville intéressante à découvrir de par son histoire, son architecture qui n’à strictement rien à voir avec Toronto ou Montréal. Entendre parler québécois, c’est sympa (bon pas trop non plus hein !). Les Québécois sont toujours très accueillants, et très relax ; ils savent prendre le temps ! Vive le Québec ! Et pas les Anglais

 

On vous a concocté une nouvelle petite vidéo retraçant ce super week-end, on espère que ça vous plaira !!

A très vite !

 

Ô Canada – Hymne Canadien

 

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

 

Si tu veux recevoir une notification à chaque nouvel article publié, abonne-toi !

 

Nous gardons vos données privées et ne les partageons qu’avec les tierces parties qui rendent ce service possible. Lire notre politique de confidentialité.

2 Responses

Laissez un commentaire