Au bord de l’eau – Road trip avec les copains (Part 2)

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Si vous avez loupé la partie 1, c’est par ici !

 

Après trois bonnes heures de route, on arrive sur Ottawa sur les coups de midi, et on file tout droit vers un sushi à volonté pour se remplir le ventre. On se balade ensuite pour découvrir les attractions touristiques de la ville. On y retrouve la cathédrale aux façades argentées qui est assez étonnante, la colline du Parlement surplombant la Ottawa River, elle même traçant la frontière entre l’Ontario et le Québec, et le centre-ville. Pour être franc, Ottawa ne nous a pas emballé plus que ça. Ce mélange d’architecture ancienne et récente ne nous a pas transcendé ; peut-être n’était-ce pas la bonne période. Une des collègues de Rémy nous avait pourtant prévenu : « Why Ottawa ? It’s soooooo boring !!! ».  Nous nous promettons d’y refaire un tour en hiver, lorsqu’il est possible de patiner sur le grand canal gelé et de contempler des sculptures de glace, ce sera certainement plus sympa.

 

 

Dans le programme, c’est Thomas qui s’est occupé de réserver le logement à Ottawa, et sur notre chemin, cela se ressent, on est stressé. Avec Thomas à la baguette pour réserver une chambre, on peut aussi bien atterrir à Buckingham Palace qu’à Harlem. Bingo (ou pas), notre quartier se rapprochera davantage de la seconde option, dans une zone populaire où des locaux sont à la vodka au goulot à quatre heure de l’après-midi. L’appartement est convenable bien qu’un peu sale, mais amplement suffisant après 3 jours de camping. La douche est aussi bonne qu’après 4 jours de festival des Vieilles Charrues, le repas réchauffe le cœur et le lit est bien douillet.

Le lendemain matin, on ne s’éternise pas et prenons rapidement la route pour notre prochaine étape qu’on appellera la surprise canadienne, Gilly Gilly. En effet, nous nous sommes chargés de la réservation d’un petit coin de paradis, du moins à en croire les photos. On prendra même un malin plaisir à faire saliver nos amis en ne répondant à aucune question sur ce fameux lieu et en en faisant des tonnes (surtout Fanny) sur le côté AMAZING de l’attraction principale de la maison (à découvrir dans quelques lignes).

Avant de nous rendre sur place, nous en profitons pour faire un petit crochet par la ville de Mont Tremblant, réputée pour être une des principales stations de ski en hiver. Cette station surplombe un joli lac et la route qui y mène est assez agréable bien qu’un peu trop sinueuse, ce qui a tendance à jouer des tours à l’oreille interne de Marion. On ne s’attarde pas trop et prenons directement la route de Gilly Gilly. Cette portion du trajet sera vraiment magnifique : personne sur la route, un paysage vallonné immense s’ouvre devant nous avec de sublimes forêts à perte de vue ; certainement la plus belle route que nous ayons prise depuis notre arrivée au Canada, un vrai cadeau pour la rétine. Une petite pause pour déjeuner s’impose, et c’est dans la commune de Saint-Daunat-de-Moncalm que nous dégusterons quelques moules frites. Cette petite commune est très chaleureuse : on y retrouve plusieurs petits bars, des restaurants, des lacs et de nombreuses activités hivernales semblent y être proposées lors des jours glaciaux du Québec (ski alpin, ski de fond, motoneige…). Cela nous donne bien envie d’y revenir en hiver. 

 

 

C’est après un plein de courses et quelques kilomètres que nous arrivons à proximité du graal. La description sur Airbnb nous avait bien prévenu, l’accès au chalet est compliqué et n’est pas référencé dans les GPS. Pour y arriver, nous emprunterons un chemin de terre et de cailloux avec des portions plus pentues que la montée vers l’Alpe d’Huez. Rémy doit alors se remémorer ses années alsaciennes pour se transformer pendant quelques instants en Sébastien Loeb, alternant les grosses accélérationset les contournements de divers trous et autres obstacles. On arrive enfin et vu que des images valent mieux que des mots, découvrez ci-dessous ce petit chalet dans lequel nous allons passer deux jours bien reposants.

 

 

Vous l’aurez compris par ces images que ces deux jours seront entièrement consacres au chill : jeux de cartes, jacuzzi, apéros, barbecues, canoë, feu de camp, babyfoot, toboggan… les vacances de rêve… on est comme des gamins ! On ne va pas passer aussi vite que ça sur ces deux jours quand même ! Dans les quelques faits marquants à noter, on recensera :

  • Le BBC (Big Boulch Cake, spécialité de Maël) complètement foiré
  • L’épisode du canoë qui prend complétement l’eau sous le poids plume de Rémy avec une stabilité aussi bonne que celle d’un cul de jatte jouant les funambules.
  • Le Twister de trop qui agacera Thomas sous les caméras de CNN Canada représentées par l’envoyée spéciale Marion
  • De trop nombreux jeux débiles de hasard qui décideront de l’avenir de Rémy et Fanny
  • Le footing où on en aura chié comme pas possible avec le relief
  • La victoire de Remy au Barbu (Bu-Bar pour les intimes)
  • L’atelier coiffeur où les garçons couperont les cheveux de Fanny et inversement
  • La journée fil rouge où nous porterons de sublimes tee-shirts, crées pour l’occasion

 

La transition est toute trouvée pour vous parler DU délire partagé par Thomas et Maël à chaque fois qu’ils se voient. Ils ne cessent d’imaginer un monde parfait où les cons régneraient, où chaque membre de la CONfrérie serait une pièce du puzzle dans le royaume des cons. Ils imaginent ainsi des lieux de rassemblements des cons (par exemple un bar à cons qu’ils souhaiteraient développer), un signe de distinction/ralliement pour se reconnaitre dans la rue (le petit doigt levé), de nouveaux prénoms systématiquement contenant les trois lettres sacrées (Conraline par exemple 😃). Si vous ne les connaissez pas, asseyez-vous 10 minutes devant eux à les écouter et vous en sortirez à la fois perplexes mais aussi amusé par leur délire poussé à l’extrême. Par contre, passez 12 heures avec eux deux, vous pouvez être sur qu’une bonne dizaine d’entre elles seront consacrées à la création de ce monde mystérieux, et qu’à la fin vous n’en pourrez plus.

Ceci étant dit, il est maintenant temps de s’en aller pour la dernière étape de nos vacances, vers Montréal. Pour tout vous dire, on serait bien resté un ou deux jours de plus ici mais bon, de belles choses nous attendent aussi dans la plus grande ville du Québec. Pour y aller, il faudra compter environ deux heures de route. On essayera de s’arrêter dans une cabane à sucre pour y déguster un repas typique canadien, fort en calorie et en quantité, mais en vain. En effet, la plupart des cabanes à sucres ne sont ouvertes qu’à la fin de l’hiver pour récolter le sirop d’érable. Elles proposent également des menus gargantuesques pour faire passer la dureté de l’hiver. On s’arrêtera donc dans un petit snack routier, le temps pour nous de tester notre première poutine du séjour, accompagnée au choix de burgers, nuggets, croquettes ou Pogo, sorte de knack enrobée de friture absolument catastrophique diététiquement et gustativement parlant.

 

La Poutine accompagnée du succulent Pogo

 

 

Nous arrivons alors à Montréal, après avoir bravés les quelques bouchons pour entrer dans la ville pleine de travaux à tous les coins de rue, et nous garons à proximité de notre Airbnb. Pour la Xieme fois du séjour, nous déchargeons le coffre de nos affaires et rejoignons notre petite maison. Celle-ci se situe dans un quartier relativement calme au Sud-Ouest de Montréal, dans le quartier de Verdun. Le tour du propriétaire rapidement fait, nous partons visiter le centre-ville, sans trop savoir où on va et sous une chaleur accablante… Rapidement, le choix se portera sur le Mont Royal qui surplombe la ville de Montréal. La montée est assez abrupte mais on arrive à temps au sommet pour un superbe point de vue au coucher du soleil. Le ciel est rose, le soleil se reflète sur les buildings et le Saint Laurent, c’est plutôt joli.

On se dirigera ensuite dans le centre, rue Sainte Catherine pour profiter des dizaines de bars peuplant la rue. On fait une première halte au bar l’Escalier, où pour rentrer il faut en monter un. Le bar est très sympa avec un décor qui rappelle le Szimpla Bar de Budapest, sorte de grand appartement réhabilité en bar. La déco est vraiment originale et l’ambiance détendue avec un groupe de musique qui joue dans l’une des nombreuses petites pièces du bar. On continue notre soirée vers les Foufounes Électriques, célèbre bar Montréalais du style rock punk underground, totalement nous quoi (!). Effectivement le lieu est spécial mais pas du tout glauque, on y prendra quelques verres mais n’y resterons pas toute la soirée. On termine rue Saint Denis dans une microbrasserie, la rue en regorge. On est posé en terrasse, tranquillement, on discute, on mange et finirons la soirée ici. Soirée qu’on dira assez calme quand on connait la réputation de Montréal.

 

 

Le lendemain, une longue journée nous attend puisque nous prévoyons de faire une grosse journée tourisme et fête. Nous commençons par se balader dans les différents quartiers de Montréal : Vieux Montréal, Vieux Port, Gay Village, le Plateau Mont Royal. On marche beaucoup, il fait très chaud, et Montréal, ça grimpe ! On s’arrêtera manger dans un restaurant vénézuélien Arepera qui sera vraiment très bon ! Nous finirons la visite en passant par le boulevard Saint Laurent qui s’avèrera être entièrement piéton pour ce week-end. On y retrouve de nombreux stands vendant de tout et de rien, des bibelots, des spécialités gastronomiques, des jeux, le tout agrémenté de musique. On termine cette longue marche en multipliant les jeux de cartes dans un bar plutôt sympa à l’intérieur tamisé où se retrouvent les locaux. 22h passe, il est temps de faire la fête !

Montréal est vraiment réputée pour sa tradition festive, même les torontois le disent ! En général, ils adorent cette ville spécialement pour y faire la fête. On ressent cette atmosphère festive dans la rue : c’est blindé de monde, et les queues devant les boites ou les bars sont immenses. Nous tergiversons un peu et nous retrouvons à la P’tite Grenouille, un bar qui se révèlera être super cool. Des musiciens se succèdent pour jouer pleins de tubes que tout le monde connait et chante à tue-tête, les consos sont pas chères et l’ambiance est vraiment géniale. Des étudiants distribuent du PQ à se mettre autour de la tête à l’allure de Rambo. Fanny et Marion se prennent soudainement d’une passion pour checker toutes les personnes qui sortent des toilettes pendant que les gars sont au milieu de la fosse à chanter, danser et chercher des cons à rallier en levant le petit doigt. On passe vraiment une super soirée et regagnons la maison aux alentours de 4h.

 

 

Le dimanche 16 septembre est synonyme de dernier jour de vacances pour Fanny et moi. Après un réveil en douceur, nous prenons la route pour l’Est de Montréal afin d’aller au jardin botanique, réputé pour ses jardins japonais, chinois et autres végétations luxuriantes. Manque de bol, on ne doit pas être très réveillé (et un peu cons) et on perd une demi-heure à prendre le métro dans le mauvais sens… On arrive enfin au jardin botanique qui jouxte le site olympique des JO de 1976. Vu de l’extérieur, le stade olympique est impressionnant et son toit rétractable assez fascinant pour un édifice de cet âge.

 

 

Le Stade Olympique de Montréal

 

On échange quelques dollars contre des tickets et on pénètre dans le Jardin. Il est tout simplement énorme et on y passera plusieurs heures pour en faire le tour. Les jardins chinois sont décorés de plusieurs temples et structures colorées. C’est d’ailleurs à l’entrée d’un de ces temples que l’on aura un énorme fou rire en regardant une famille de chinois poser pour une photo en lâchant le plus puissant « cheeseeeeeeeee » de la terre pour sourire sur une photo. On tentera également d’esquiver une Dame vraiment très collante qui nous posera des questions dont on n’a pas les réponses pendant 10 minutes au début de notre visite. Le jardin japonais recense quant à lui une superbe collection de Bonzaï, dont certains sont datés de plus de 100 ans.

Après un bref passage par le jardin des plantes toxiques, on termine notre visite par l’insectarium. On y retrouve une grande collection d’insectes, et pour certains d’entre eux, on n’aimerait pas les avoir dans notre lit. Certains ont des crochets qu’on pourrait assimiler à une pince Monseigneur ! Enfin, la principale attraction de cet insectarium, c’est la fourmilière. On y voit à quel point ces petites bêtes sont organisées et courageuses pour transporter tout un tas de choses sur leur dos pour le bien de la communauté. On pourrait rester des heures à contempler ce spectacle. Il est déjà 13h et la soirée de la veille a laissée des traces : on est faiblards et on meurt de faim. Un coup de métro plus tard, et on s’arrête pour déjeuner sans un restaurant Libanais. Ce repas sera à l’image de ces vacances : EXCELLENT !

 

 

On reprend la voiture avec Marion Schumacher au volant qui n’hésite pas à la jouer offensive dans ce GP de Montréal pour qu’on ait notre avion a temps. Il s’en est fallu de peu mais nous sommes arrivés pile à l’heure pour l’embarquement ! Nous rentrons alors sur Toronto tandis que les copains continuent leur périple vers l’Est, et plus précisément vers la ville de Québec.

 

Comme vous l’aurez compris, on aura passé de super vacances avec nos amis. On est très touché qu’ils soient venus nous rendre visite, au même titre que tous les visiteurs venus découvrir cette nouvelle vie outre Atlantique. Très certainement, ces vacances resteront gravées dans nos têtes pour longtemps. Merci pour tout les amis, on vous aime fort ❤️ ! (Même les cons).

 

 

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Au bord de l’eau – Road trip avec les copains (Part 1)

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Après moultes échanges, réunions sur Skype, programme mis à jour 5 fois, comptes rendus, tableurs Excel, nous y sommes ! Les copains arrivent au Canada pour des vacances de folie ! Méfiez vous des apparences, vous pourriez penser que nous sommes un groupe d’amis hyper organisé mais il n’en est rien. C’est d’ailleurs pour cela que Thomas arrivera à Toronto le 1er septembre en provenance de Paris par un vol direct tandis que Marion et Maël opterons pour une solution… dirons-nous plus surprenante. Un petit trajet Lyon – Munich – Montréal – Toronto d’une durée de 16h pour un atterrissage à Toronto le 2 septembre. Le décor est planté. Sortez le pop-corn, installez vous confortablement dans votre canapé ou sur le siège de vos toilettes, et préparez vous à en lire des vertes et des pas mûres.

 

 

Retrouvailles

 

 

Le périple canadien de nos invités débute par les classiques chutes du Niagara le lundi 3 septembre, synonyme de fête du travail au Canada. Nous nous rendons donc sur place après un trajet des plus tranquilles, l’occasion pour certains de rattraper quelques minutes de sommeil précieuses pour faire face au fameux jetlag. Une fois sur place, le soleil est au rendez-vous, il fait chaud, les chutes sont toujours aussi impressionnantes et majestueuses. Les vacances commencent bien !. On profitera bien entendu de tous les points de vue du site, et ferons le tour en bateau toujours aussi sympa ! Je ne m’étendrais pas d’avantage sur le sujet, car si vous êtes des lecteurs assidus du blog, vous comprendrez vite que c’est bien la 4ème fois en deux mois que nous nous rendons sur place avec Fanny. Les chutes, c’est beau, mais on frôle l’overdose.

 

 

 

 

Nous poursuivrons cette journée par un petit passage dans les Outlets (ie magasins d’usine) de Niagara, l’occasion pour nous d’entrer un peu par hasard, sans but précis, dans un impressionnant magasin de chasse et pêche. Intenable, Marion ne pourra pas s’empêcher de se déguiser en Maître Chasseur tandis que Thomas nous dévoilera son amour pour les poissons. Des bateaux aux costumes de camouflages les plus farfelus, des pipos aux arbalètes, des goodies aux sprays saveur urine de coyote pour masquer l’odeur humaine, on trouve de tout dans ce magasin. Nous continuerons notre chemin à sillonner les différents magasins où Maël essayera tant bien que mal de trouver la perle rare des baskets. Quant à Rémy, il sautera le pas pour acheter la fameuse doudoune The North Face, tel un signe du destin quand on connaît la suite de l’aventure.

 

 

 

 

Après avoir fait des pieds et des mains pour trouver un LCBO ouvert en cette journée de fête du travail, en vain, nous rentrons sur Toronto où nous profiterons d’un petit verre en terrasse ainsi que d’un restaurant chinois, le bien connu Dumpling House.

 

 

Dumpling House

 

 

Les deux jours suivants, les copains profiteront de la ville de Toronto pendant que nous travaillions avec Fanny. Au programme : CN Tower, Distillery District, St Lawrence Market, Toronto Islands et balades dans la ville. A la maison, c’est un peu le camping. Les invités dorment dans le salon, sans volets. Les valises des Lyonnais prennent un quart du salon alors que les affaires de Thomas sont méticuleusement rangées, à leur place. Pour les douches, seules 4 personnes sur 5 en prennent. En effet, pour Marion, cela s’apparente plus à une piscine, tant la salle de bain est trempée après son passage. La vie en communauté, c’est aussi accepter les coutumes de l’autre : chaque jour, on a le droit au concerto en Ré Mineur du fessier de Thomas, un pur plaisir. Mais bon, le plus important, c’est quand même de retrouver nos acolytes le soir pour discuter, rigoler, se détendre et passer de super moments !

 

 

 

 

Le jeudi et vendredi qui suivent, les trois lurons ont décidé d’aller visiter Bruce Penninsula, à 4h au Nord Ouest de Toronto. Ils en sont revenus ravis et nous conseillent vivement d’aller y faire un tour ; ce que nous ferons très certainement lorsque les beaux jours seront de retour.

La semaine qui suivra sera une semaine full vacances, Fanny et moi ayant pu prendre quelques jours pour profiter à fond de nos amis. Samedi matin, les 15 valises et sacs sont presque prêts, le matos est empaqueté, la bonne humeur est de mise, c’est parti pour une super semaine. A peine le temps de se faire traiter de Asshole par un résident local bougon le matin, que nous nous retrouvons en bas de l’immeuble et chargeons notre superbe voiture, un gros Dodge Durango. Bien qu’étant immense, le coffre est plein à craquer mais tout semble rentrer, tout juste. Après quelques minutes de route, je dois vous annoncer que nos vacances auraient déjà pu s’arrêter là. Notre conductrice du jour Marion, devait être un peu distraite ou encore choquée de la violence du Asshole matinal, qu’elle en est arrivée à quasiment louper un feu. Un énorme freinage nous arrêtera à temps sous le regard amusé d’un passant. Ah oui, je ne vous ai pas encore dit où on allait… On va au Parc Algonquin pour 3 jours de camping avec des températures de 2 degrés la nuit, et quelques averses de prévues, le rêve non ? Petit plus : il paraitrait que les ours préparent l’hiver et rodent dans les campings à la recherche de nourriture.

 

 

C'est parti !

 

 

Le trajet pour aller au parc se déroule dans la bonne humeur, l’occasion pour vous raconter l’origine du titre de cet article. Au Canada, comme vous vous en doutez, il y a beaucoup, mais alors beaucoup de lacs. Difficile de ne pas en croiser un au bord de la route durant un trajet de plusieurs heures. Thomas s’est alors laissé dompter par sa mélomanie et a commencé à chanter la chanson de Gérald De Palmas « Au bord de l’eau, il y a cette fille qui m’appelle, elle me trouve beauuuu ». Du coup, la running joke des vacances sera que Thomas devra chanter cette chanson dès que l’un de nous prononcera les mots « au bord de l’eau » dans une simple phrase. Sur la totalité des vacances on doit être à une bonne cinquantaine de fois où Thomas fredonnera ces paroles, avec un timbre de voix pas toujours au point.

Une petite pause sur la route pour pique-niquer au frais/froid sur les rives Est du Lac Simcoe, le temps de se rendre compte qu’on a oublié le sac avec les affaires de camping (verres, assiettes, couverts, lampes, …), qu’on est déjà reparti. Pendant sa sieste digestive, Maël sera réveillé par ses propres ronflements, assez impressionnant. On poursuit le chemin et nous arrêtons pour faire de grosses courses de nourriture, de boissons, et de bûches pour faire notre feu de camp et se tenir chaud et … d’affaires de camping qu’on aura en double à notre retour, génial… La voiture est pleine à craquer, les courses sont sous nos pieds, sur nos genoux et c’est pas fini ! Après quelques hésitations GPStiques, nous pénétrons enfin dans le Parc Algonquin et découvrons ses premiers paysages somptueux, ses multiples lacs, sa verdure et même ses premiers animaux, un troupeau de dindons qui se pavane au bord de la route. Nous arrivons enfin au chalet Algonquin Outfitters ou nous avons loué des tentes, matelas, sacs de couchages et réchaud. Quand on repart de là, seule une petit place pour respirer ne subsiste sur les sièges arrières, c’est l’aventure !

 

 

 

 

L’installation au camping est bien rodée : les garçons sont préposés à l’installation des tentes pendant que les filles s’occupent du feu et de l’apéritif. On ne vous cachera pas que l’installation des tentes était quelque peu compliquée sachant qu’il nous manquait un jeu de sardines et une bâche pour protéger l’arrière d’une des deux tentes. C’est alors qu’on se met à penser à nos tentes Queschua 2 secondes restées en France, quels génies ces ingénieurs de Décathlon ! Le feu quant à lui avance beaucoup plus vite, notamment grâce à  la persévérance de Marion qui sera alors nommée Professeur du Feu sur le Camp ; elle délèguera rapidement cette mission après un très bon coaching à Fanny : « Fanny, c’est le feu ! ».  Il est temps de se poser et de se dire la fameuse phrase que tout le monde a dû dire une fois dans sa vie : LA c’est les vacances ! Le feu crépite, les bières sont de sorties, les blagues et histoires fusent, on est en vacances au Canada Pu**in !

 

 

 

 

Il est 20h et c’est déjà le calme plat dans le camping, la plupart des campeurs profitant de leur caravane ou camping-car par cette fraîche soirée. Une côte de bœuf, des pommes de terres braisées et quelques verres plus tard, on décide de se mettre autour du feu pour y déguster les mythiques chamalow grillés. Se laissant emporter par notre bonne humeur, il semblerait que l’on fasse un peu trop de bruit et la sécurité du camping vient nous le faire savoir, lampes torches à la main et tous vêtus de sortes de gilets pare balles. Réaction générale : OK, Sorry. 

Après une mission vaisselle rondement menée par les trois gars dans un évier non prévu à cet effet, nous nous emmitouflons dans nos diverses couches de vêtements, couvertures et sacs de couchages pour résister au froid polaire de la nuit.

 

 

 

 

C’est alors qu’au beau milieu de la nuit, Marion et Rémy, les deux seuls à ne pas avoir enlevé la peau carbonisée des pommes de terres sont pris de vomissements (on découvrira plus tard que le charbon de bois était enrobé d’un pétrole que notre estomac refusera de laisse passer). Combiné aux effets désorientant que peuvent provoquer certaines boissons, c’est complètement paniqué que Rémy se réveillera sans comprendre ANYTHING de ce qu’il se passe. Maël, en grand fidèle du Dalaï Lama fera preuve un self control impressionnant apaisant la situation en un susurrement de sa douce voix.

Après un réveil en douceur le lendemain, un petit déjeuner, et un aller retour express chez le loueur pour récupérer des sardines et un réchaud qui fonctionne, nous partons enfin pour notre première randonnée, le fameux Centenial Trail. Bonne nouvelle, il ne pleut pas et le temps est même assez agréable. Le gros point positif aussi est que les moustiques ont déserté, ce qui rend les balades beaucoup plus paisibles, où seul le paysage retient notre attention. En grand adepte du Trail Running, Maël a les jambes qui le démangent. Il décide alors de courir quelques kilomètres devant nous et nous rejoint sur différentes portions du sentier. Comme la dernière fois, les paysages sont magnifiques, les lacs 100% nature canadienne, les barrages de castors sont impressionnant d’ingénierie. A la moitié de la rando, nous nous posons quelques minutes pour pique-niquer. Rémy en profitera pour évacuer les dernières substances toxiques de son corps devant un paysage de carte postale, tandis que Marion se livrera à quelques confidences de jeunesse étonnantes, sur la même thématique, capturées en off par la caméra de Fanny. Nous repartons pour la suite de la balade, et prenons le temps d’admirer encore et toujours les sublimes paysages que propose ce sentier, et tout particulièrement le point de vue final, sorte de feu d’artifice qui couronne une très belle journée. On décide alors de rentrer sur le camp, pour prendre un apéro et un repas bien mérité.

 

 

 

 

Le lendemain, nous nous levons assez tôt afin de partir dès le matin pour l’autre grande randonnée Mizzy Lake, avec la ferme intention de croiser un ours ou un moose. Ce sentier est réputé pour la prétendue présence de certains animaux. On englouti alors un egg and bacon et partons pour cette rando de 10km. Cette randonnée, qu’on avait nommée le chemin de croix la dernière fois à cause des moustiques, est bien plus agréable aujourd’hui. Il fait frais, les couleurs sont vives, l’atmosphère est reposante, c’est très plaisant. On essaye alors de faire le moins de bruit possible pendant une bonne partie du trajet pour essayer d’y croiser des animaux, mais rien à l’horizon. On rallonge même le trajet en empruntant un sentier censé être le coin de repos des ours mais toujours pas une touffe de poils brune à l’horizon. Après avoir fait une petite pause au point de vue numéro 9, nous repartons un peu découragés de n’avoir toujours rien vu. Maël prend alors quelques centaines de mètres d’avance, puis revient et nous fait signe qu’il a vu quelque chose, et nous dit de surtout ne pas faire de bruit. On est enfin récompensés de nos efforts, un orignal est là, à 25m de nous en train de manger et de faire trempette. Le colosse, qui doit faire pas loin de 2m au garrot, se délecte des feuillages verts et de l’eau fraîche. C’est vraiment un superbe spectacle. On reste une vingtaine de minutes à observer ses moindres faits et gestes et repartons pour conclure la balade sous la pluie, mais ravis. On rejoint enfin la voiture après environ 4h de marche, et la pluie nous décourage de nous lancer dans une nouvelle balade.

 

 

 

 

On décide de retourner dans les tentes pour manger un morceau et passer la fin d’après midi à jouer aux cartes. Après quelques parties endiablées, on conclu la journée en allant manger au restaurant, au sec, avec un repas chaud, car on se doute que la nuit qui va venir va être périlleuse.

Au retour du restaurant, le moral en prend un sérieux coup : le sol est littéralement détrempé, des flaques d’eau immenses bordent nos tentes. L’intérieur est préservé de l’eau, mais pour combien de temps ? On prends tout ce qu’on a sous la main pour tenter de colmater les bords de la tente, sachant que la bâche manquante nous aurait été plus qu’utile à ce moment précis…

 

 

Inondation sur le camp

 

 

Après cette nuit quelque peu chaotique, le jour se lève enfin ! Comme prévu, le résultat est sans appel, la tente a pris l’eau. Quand bien même les vêtements et le sopalin ont épongé les infiltrations sur les côtés, l’atmosphère n’en reste pas moins très humide. Ni une ni deux, Rémy se lève et motive ses deux compères pour « se barrer vite d’ici » et retrouver un peu de chaleur et de sec dans la voiture. C’est ainsi qu’aux alentours de 9h que nous décollons du camping. Les chemins sont encore boueux, la route gorgée d’eau mais qu’importe, on a résisté aux éléments. Nous faisons alors un passage express chez le loueur pour rendre tout le matériel, non sans oublier d’exprimer un léger mécontentement quant à ce qui nous a été fourni. Et après nous avoir montré de superbes pouvoirs de négociation au souk en Tunisie lors de précédentes vacances, Marion réitère et réussi à nous obtenir une ristourne de presque 200 dollars. Une petite halte plus tard au prochain Tim Hortons pour prendre un petit déjeuner et nous voilà parti pour la prochaine étape de nos vacances, une étape dans la capitale canadienne Ottawa.

Pour y arriver, nous emprunterons les petites routes entourées par la nature, sur fond de vidéos de François Damiens. Maël est comme un fou, son accent belge l’habite véritablement et lui rappelle ses folles années d’étudiant à Liège une fois. Quant à Thomas, il essaye mais il n’est vraiment pas connu pour ses talents d’imitateur, si ce n’est quand on se trouve au bord de l’eau… et encore…

 

To be continued…

 

 

Au bord de l’eau – Gérald de Palmas

 

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