Défier les chutes du Niagara – Région de Niagara

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Chers lecteurs, cela fait désormais 48 jours, soit 1 152 heures ou encore 69 120 minutes que nous ne vous avons pas donné signe de vie sur le blog, quel scandale ! Pour votre information, les derniers week-ends ont été plutôt reposant, entre balades, sport, shopping et autres activités qui ne vous auraient sans doute pas transcendées dans ce blog. La coupe du monde aussi, qui occupe tout notre esprit suite au début poussif des bleus (mais ça, c’était avant!), ne nous permet pas de dégager beaucoup de temps pour écrire nos récits.

Mais en ce week-end du 23 juin, c’est direction Niagara, alors plus aucune excuse et on reprend la plume !

 

Je vous passe les détails classiques de récupération de la voiture chez le loueur pour passer directement à notre voyage vers Niagara Falls, situées à environ 130km de Toronto.

 

Toronto-Niagara

 

Pas de chance, alors que cela fait plus de trois semaines qu’il fait très beau sur Toronto, nous tombons sur LE week-end où la pluie et les orages alternent avec une épaisse masse nuageuse dans le ciel. Et on met très peu de temps à s’en apercevoir puisque c’est sous une pluie battante que nous parcourrons les premiers kilomètres de notre périple. Le trajet se déroule sans encombre jusqu’à Niagara Falls où nous garons la voiture pour quelques heures en échange de 10$. Notre première impression au sujet de la ville confirme bien ce qu’on avait entendu à droite à gauche : c’est très laid. Plusieurs buildings en béton sans aucune harmonie, des devantures hyper kitchs, bref cette ville n’a vraiment pas de charme à nos yeux. On ne s’attarde pas et nous dirigeons rapidement vers les chutes, qui devraient nous redonner du baume au cœur.

 

Après 10 minutes de marche, nous voilà devant les chutes, plus précisément en face des American Falls, les plus petites chutes mais tout de même impressionnantes. Vous l’aurez compris, les chutes du Niagara marquent ainsi la frontière entre le Canada et les Etats-Unis.

 

American Falls

 

Après une quinzaine de tentatives pour avoir THE selfie, nous continuons notre route le long de la promenade où se retrouvent plusieurs centaines de touristes, mais où on peut circuler assez facilement. A vrai dire, nous nous attendions à plus de monde pour un week-end, mais les prévisions météo en ont certainement découragé plus d’un.

 

Ca y est, nous arrivons à hauteur des chutes les plus connues, les plus belles : les Horseshoe Falls. Pour ceux qui ont arrêté l’anglais au collège, ou pour ceux qui ont la flemme de chercher dans le dico, Horseshoe veut dire fer à cheval. En effet, ces chutes ont une forme arquée qui s’étend sur 675m de long pour une cinquantaine de mètres de haut. Le débit est impressionnant (2800mpar seconde) et le fracas de l’eau sur les rochers en contre-bas participe à ce spectacle extraordinaire.

 

Le bouillonnement de l’eau et l’intensité du débit provoquent une importante brume qui aura le don de bien nous tremper et qui met à mal le brushing de ces dames. Nous rejoignons la Table Rock, située à l’endroit même ou la rivière entame sa chute de 50m, et c’est certainement l’endroit le plus impressionnant ! Il y a d’autres moyens de contempler les chutes d’encore plus près et notamment à bord d’un bateau qui vous amènera au pied des chutes. Nous décidons de garder cette activité lorsque nous accompagnerons (très bientôt !) nos futurs visiteurs !

 

 

Nous poursuivons notre chemin et nous retrouvons un peu par hasard sur Clifton Hill, surnommée également the Street of Fun. Alors là, attention les yeux, on arrive au summum du kitch, au paradis des jeux de sons et lumières, au paroxysme de l’émotion culturelle. Entre le musée du Guinness Book des Records, les manèges bruyants, les salles de jeux où se réunissent, vous vous en doutez, l’AFRV (l’Association des Fans de Rousseau et Voltaire), on est servi ! On en profite donc pour manger un morceau afin de contempler le spectacle, et on ne vous le cache pas, on rigole bien ! Particulièrement sur cette jeune femme, qui semble être extrêmement passionnée par son travail en contrebas. Bref, Niagara Falls, nous a laissé un bon souvenir pour les chutes qui sont vraiment très belles, mais comme on l’entendra plus tard, quand on regarde les chutes, il ne faut pas se retourner.

Par ailleurs, on apprendra par la suite que c’est une des destinations les plus en vogues au Canada pour les lunes de miel… On a vraiment du mal à comprendre le pourquoi du comment 🤔

 

 

Pour la fin d’après midi, nous décidons de faire route vers Niagara-on-the-Lake, petite ville (très) paisible, située en bordure du Lac Ontario, aux allures de maisons de poupées qui tranche avec le vacarme de Niagara Falls. On décide de se balader pendant une bonne heure, en arpentant Queen Street, la rue principale de la ville où se rassemblent quelques boutiques aux devantures fleuries.  Nous marcherons également au bord du lac et contournerons le Fort Georges, le principal site touristique de la ville (que nous n’avons pas visité). Pour votre information, une petite halte suffit à Niagara-on-the-Lake ; pas besoin d’y passer la journée car on a quand même (très) vite fait le tour.

 

 

Après avoir pris possession de notre AirBnB à quelques kilomètres de là, à Saint-Catharines, nous nous rendons à Port Dhalousie. Si vous avez l’occasion d’y passer, ce petit port de plaisance est l’endroit parfait pour pique-niquer et profiter de la petite plage, à l’écart de toute activité touristique (la baignade y était par contre interdite ce jour). La brume du lac s’entremêle avec les quelques rayons de soleil d’un jaune or et le ruissellement des petites vagues se confond avec le bruissement des arbres qui plient sous le vent : le spectacle est assez surprenant !

 

 

Pour finir cette première journée riche en émotions, nous passons la soirée à la Tailgate Party, toujours à Saint-Catharines. C’est un événement annuel qui rassemble les vignerons de la région et de nombreux amateurs de vin. Pour la petite histoire, cet événement nous a été conseillé par Amélie, une ancienne de Sup’Biotech (notre école d’ingénieur), issue de la première promotion. Amélie est arrivée en 2011 en Ontario et est actuellement Vice-présidente du Château des Charmes, un vignoble d’une centaine d’hectares (plus de précisions dans la suite de cet article).

 

Pour en revenir à l’événement, si vous aimez le vin et si vous aimez manger, c’est là qu’il faut venir. En effet, en échange d’un pass de 90$, vous aurez la possibilité de goûter une multitude de vin rouges, blancs, rosés, pétillants, et champagnes de producteurs locaux et de déguster de succulentes préparations sur plusieurs dizaines de stands, et cela à volonté pendant plus de 4h. A noter également que des groupes de musique vous feront apprécier d’autant plus ce moment.

 

Après quelques dégustations, nous retrouvons Amélie qui nous explique son parcours et son ascension au poste de Vice-présidente, ainsi que l’histoire de la filière du vin en Ontario et notamment l’adaptation et les techniques pour que les vignes résistent au climat. Nous avons vraiment adoré cet événement très détente, dans une super ambiance relax.  Vers 22h, il est temps de regagner la voiture avec comme objectif de rester assez discret, pour ne pas éveiller la suspicion des potentielles patrouilles de police qui pourraient se dresser sur notre chemin. Pas d’inquiétude, nous n’avons pas vraiment fait d’excès ce soir là, mais je me devais de raconter cette anecdote. En arrivant à la voiture, Fanny se trompe de bouton sur la clé de la voiture et actionne le bouton « klaxon pour retrouver ma voiture sur un parking ». Après une dizaine de coups de klaxon, elle réussit tant bien que mal à stopper ce vacarme. Pour la discrétion, on repassera…

 

 

Après une bonne nuit de sommeil, nous retournons à Port Dhalousie, sous la pluie, pour bruncher au Rozie’s Breakfast Cafe. L’endroit est très chaleureux, le service est remarquable et très sympathique, et les assiettes sont copieuses et bien cuisinées : de quoi bien lancer notre journée.

 

Après s’être bien rempli l’estomac, nous avons la chance de pouvoir participer à une visite du  Château des Charmes, le vignoble dans lequel travaille Amélie. Crée en 1978 par le Français Paul-Michel Bosc, le domaine a été pionnier dans l’introduction de cépages Européens en Ontario. Ce qui est assez étonnant, c’est qu’à l’inverse de la France où les cépages sont très régionalisés, au Château des Charmes sont cultivés 14 cépages différents.

Pour ceux qui se posent la question du climat et de la résistance des vignes aux températures négatives, voici les différentes techniques utilisées au Château. Pour être viables, les vignes doivent être maintenues à une température supérieure à -16 degrés.

Initialement, la meilleure technique qui avait été trouvée pour maintenir ces températures en hiver était de brasser l’air plus chaud à quelques mètres de hauteur avec l’air plus froid au sol à l’aide… d’hélicoptères. La facturation à hauteur de 2000$ de l’heure a fait cogiter les propriétaires du vignoble, qui ont finalement investi dans de nouveaux équipements : des sortes ventilateurs semblables à des éoliennes. Ainsi, il est possible de conserver des vignes viables en Ontario même en présence de températures frigorifiques (pour nous Français !). Nous poursuivrons la visite du chai, des caves et la dégustation en compagnie de l’énergique guide québécoise qui mentionnera à plusieurs reprises l’apport précieux du savoir faire d’Amélie dans les différentes activités du vignoble (si tu nous lis, bravo à toi !).

On se délectera également de quelques remarques de notre guide au sujet de la gestion « calamiteuse » du déneigement par les autorités ontariennes versus la qualité du service québécois quand 30cm de neige sont tombés en Ontario (ça se compte visiblement en mètres au Québec !) ; ainsi que de la différence du niveau de conduite sur la neige des automobilistes de ces deux provinces. On rigole intérieurement en pensant à la France qui est paralysée dès lors qu’il tombe 2cm de neige.

 

 

Il est bientôt 15h en ce dimanche 24 juin et il est l’heure de rentrer avec à nouveau de nombreux souvenir dans la tête, mais en ayant déjà à l’esprit le prochain week-end de 3 jours qui s’annonce, la semaine prochaine, au Parc Algonquin !

 

Océan – Thierry Cham

 

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