[Retro Mars 2019] – Visite d’une érablière – Breedon’s Sugar Shack

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Si vous voulez relire nos aventures de la veille, c’est par ici

Le lendemain, nous faisons route vers une érablière à quelques kilomètres d’Orangeville ! Au Canada, elles sont plus communément appelées « Cabanes à Sucre », soit « Sugar Shack » en anglais dans le texte.  On arrive quasiment à la fin de la saison de la récolte et il serait vraiment dommage de louper ce genre de visite alors qu’on est au Canada.  D’autant plus, cette douceur sucrée représente avec le caribou les emblèmes de ce pays a l’international.

 

Cette érablière, la « Breedon’s Sugar Shack », qui est un peu perdue dans les champs, est une production familiale. Nous sommes accueillis par le père et l’un des fils qui s’occuperons de nous pendant toute la visite. Il y a peu de monde, ce qui est vraiment agréable, car les producteurs prennent le temps de bien nous expliquer tous les détails de la récolte de la sève a la production de sirop d’érable. Petit plus, ils ont conservé également la méthode ancestrale de production de sirop d’érable afin de bien nous faire comprendre l’histoire de ces techniques si particulières. Voici ce que nous avons retenu :

 

Étape 1 : La première étape, commune aux méthodes modernes et ancestrales, consiste à prélever la sève des érables. Il s’agit simplement de percer un trou dans le tronc a un endroit plus ou moins précis.

 

 

Étape 2 : Méthode ancestrale : On fixe à ce trou un bec verseur ainsi qu’un seau. A ce niveau du procédé, le liquide contient 98% d’eau et seulement 2% de sucre. Il faut environ une journée pour remplir ce seau.

 

 

Méthode moderne, les seaux ne sont plus utilisés, car cela prendrait vraiment trop de temps d’aller tous les collecter à différentes heures de la journée. C’est pour cela que les récoltant ont mis en place d’immenses réseaux de tuyaux collecteurs tous relies à des tuyaux de plus gros diamètre, eux-mêmes reliés à la cuve en contre bas, vous suivez ? Cette cuve reçoit ainsi l’intégralité du liquide récolté dans chacun des érables de l’exploitation. Une pompe fait alors le vide, ce qui accélère le transit du liquide dans la cuve.

 

Étape 3 : Méthode ancestrale : Le liquide récolté dans les seaux est versé dans de grosses marmites que l’on place au-dessus du feu. Par un phénomène très lent d’évaporation, on attend de n’avoir plus que du sucre dans la marmite qui formera alors le sirop d’érable brut désiré.

 

 

Méthode moderne : Une fois remplie, une seconde pompe éjecte un gallon par minute de sève de la cuve en contre bas vers la zone de production.

 

 

Étape 4 : Par un procédé d’osmose inverse, on se libère à cette étape de plus de 80% de l’eau présente dans la sève.

Étape 5 : le reste est alors injecté dans un grand bassin où un four tubulaire fait monter la température du liquide pour favoriser l’évaporation de l’eau

 

 

Étape 6 : une fois une température critique atteinte (qui change en fonction des conditions atmosphériques), le sirop d’érable brut est récolté.

 

 

Étape 7 : c’est l’étape de purification du sirop ou on lui retire toutes les impuretés (sable principalement)

Étape 8 : mise en bouteille et étiquetage puis mise en rayon ou en carton pour l’expédition made in Breedon’s !

 

 

Enfin, nous allons aussi partager quelques questions que nous nous sommes posées et que vous vous seriez peut être aussi posées :

Pourquoi la récolte du sirop n’est possible qu’entre février et début/mi-avril ? Car une fois les bourgeons formés, la sève change de composition et le gout devient peu savoureux (voire pas bon du tout)

Comment faites-vous la nuit ? La récolte étant réalisée en hiver, la sève gèle la nuit, ce qui permet aux producteurs de dormir sur leurs deux oreilles.

Est-ce que le gout du sirop d’érable d’ici est le même que celui du Québec ? Rien à voir ! (Avec une pointe de chauvinisme ontarien). Le gout varie en fonction des zones géographiques et bien entendu des espèces.

Qu’est ce qui différencie les différents type de sirop d’érable ? Plus il est récolté tard, plus il est foncé, plus sa sérosité est importante.

 

Bref, vous l’aurez compris, une visite très instructive et immersive comme on les aime. Après un petit passage par la boutique, nous reprenons notre route à travers les champs agricoles et les sapineraies à la recherche d’un petit restaurant local. On s’arrêtera finalement dans un village bien paumé, a Beeton exactement. La serveuse comprend de suite que nous parlons un français peu commun pour le Canada et se prend d’un malin plaisir d’ajouter « les Québécois, on ne comprend rien quand ils parlent ! »

 

Pour finir la journée, nous rechercherons quelques sentiers à travers lesquels gambader sur la route du retour. Le parc Albion Hills étant fermé, nous tentons notre chance quelques kilomètres plus bas et arrivons sur un parking vide, ou quelques déchets jonchent le sol. Autant dire, pas dingue comme endroit. On arpentera le chemin quelques hectomètres mais celui-ci est boueux et intégralement glacé dans les zones de sous-bois. Fanny se démène tant bien que mal pour se sortir de ce pétrin mais l’énervement la gagne petit à petit jusqu’à décider d’avancer en glissant sur les fesses. Après ce petit intermède plutôt amusant, mais pas super agréable quand même, nous rentrerons sur Toronto tranquillement.

 

 

Une nouvelle fois, un petit week-end agréable qui nous aura fait connaitre un peu plus quelques coins non touristiques de l’Ontario. Cependant, on attend quand même avec impatience le retour des beaux jours et des arbres feuillus pour encore plus profiter de ce que peut nous offrir la nature canadienne !